Le dormeur va mal
C'est un bout de chaussure où manque la lumière,
Dépassant doucement du bord du bottillon
Usé ; où le sommeil, bordé de sa poussière,
Git : c'est un pauvre bal sans aucune chanson.
Un homme grisé, tête baissée, main tenue,
Et le regard absent sur ses poches d’adieux
Prie ; il est attaché sur le sol, dans la rue,
Obscur sur son carton où l’on donne qui veut.
Les dents dans son écharpe, il mord. Rageant comme
Ragerait un chien adopté, sale bonhomme :
Désespoir, oublie-le prestement : il a froid.
Ses odeurs ne font plus s’arrêter les bottines ;
Il prie sans religion, les doigts vers la colline,
Immobile. Il se rappelle sa vie autrefois.
un hommage au "Dormeur du val" d'Arthur Rimbaud :
même structure, mêmes rythmes, mêmes rimes,...
et surtout une grosse pensée pour ceux qui vivent dehors...
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